Ecrire sur les murs

Consigne : écrire une histoire sur les graffitis, les tags, les traces laissées sur les murs, les arbres (..).
Personnes participantes :
Blanche

Il regarda le dernier mur sachant déjà qu’il n’y verrait rien d’autre que ses mots, et il se détourna de la rue, du quartier, de la ville plongée dans la nuit. Il la quitta sans un regard et sans une pensée, se concentrant sur son nouvel itinéraire. Il lui faudrait dormir en route s’il devait arriver au matin, dans un arbre si la chance lui souriait ou plus surement caché dans une grange abandonnée. Ils se faisaient rares, les arbres, en ce monde. Aussi fut-il heureux quand il trouva un immense chêne auprès duquel se ressourcer, impressionné par sa taille. Il n’était pas si loin de la destination qu’il s’était fixé, et il s’endormit, mêlant son énergie à l’arbre.

La nuit venue il repartit, apaisé par son sommeil et attentif à ne pas être vu, et se mit en quête d’un nouveau mur sur lequel écrire. Cela serait son 4749ème mur. Ce n’était pas qu’il les comptait, simplement il le savait, il se souvenait de chaque chose. Il était la Mémoire.
Il s’approcha du mur choisi plongé dans le noir et écrivit les quelques lettres si importantes et dans lesquelles il mettait toute sa vie, puis il continua à travers la ville à poser ses espoirs sur des pans de maisons délabrées.

« Où est la lumière ? »

Ce n’étaient que des mots, sans aucun sens pour les citadins mais si chargés pourtant.. les retrouveraient-ils, ces gens de son peuple ?

Parfois quand il repassait devant un de ses murs tagué, le message avait été effacé, des insultes avaient été ajoutées, ou d’autres graffitis s’y étaient ajoutés. Le plus souvent, il n’y avait rien de plus. Il ne se laissait jamais décourager, il savait qu’un jour il les rejoindrai et que la vie serait plus simple, à sa manière.
Aussi quand il fit le tour de la ville pour lire les murs où il avait écrit, était-il préparé autant à la déception qu’à une réponse réelle. Ce qu’il n’avait pas anticipé, c’est l’incompréhension du message laissé. Tout aurait du être limpide. Terminée, la quête.

Au lieu de quoi il était écrit, à la hâte et à peine visible :
« cherche la porte »

Rien de plus et pourtant il le savait, c’était eux. Le soulagement et la joie submergèrent le jeune homme, le suffoquant presque. Le temps passa avant qu’il ne réalise soudain qu’il ne connaissait pas de porte. Que c’était bien là son problème. Il n’avait pas parcouru la moitié du pays toutes ces années à chercher comment retourner chez lui, pour s’entendre dire qu’il lui fallait trouver la porte, il le savait, ça.

Il devait répondre. Tout de suite.
Il mit trois nuits.
« comment ? Où ? » Et puis il ajouta finalement presque naïvement, à travers un brouillard de pensées confuses « faut-il une clé ? »

Il resta devant le mur nuit après nuit, à attendre une réponse qui ne venait pas. Il finit par comprendre qu’il n’y en aurait pas ici, qu’ils se cachaient de lui. C’est par un autre mur où il avait écrit, qu’un vague espoir lui vint quand il aperçu la même écriture en réponse.
« cherche la porte. Ailleurs »
Et il sut qu’il n’obtiendrait rien d’autre. Le découragement le pris, violemment. Il se senti écrasé, pour la première fois depuis le début de sa quête et de cette marche à travers le pays.
Le désespoir l’avala. Le gris de la ville s’engouffra en lui par toutes ses failles, et l’elfe assomé, sombra.

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